Elle Magazine Français

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LE LIVRE

Oliver Ryan a une cinquantaine d’années et est aujourd’hui interné dans un asile psychiatrique, pour avoir, dans un accès de folie, tabassé Alice, sa jeune épouse. Il nous raconte sa version des faits : orphelin, il a été élevé dans un pensionnat religieux. Il devient écrivain à succès, séducteur, heureux en ménage avec Alice. Elle est l’illustratrice de ses livres et lui voue une adoration sans limites. Leur vie commune semble idyllique et enviable – jusqu’à ce soir de novembre où Oliver frappe Alice et la plonge dans le coma. Oliver ne peut expliquer son geste, lui qui était fou amoureux de sa femme…
À travers la voix de Barney, le premier compagnon d’Alice, de Laura qu’il a séduite et abandonnée enceinte, c’est un tout autre personnage qui se dessine. Volage, cruel, manipulateur, Oliver semble prendre un plaisir malsain à détruire tous ceux qui l’approchent. Très certainement victime de son terrible passé et de cet odieux père absent, Oliver peut-il justifier par ces blessures ce qu’il est devenu? Naît-on un monstre ou le devient-on ?

L’AUTEURE

Selection-policier-Olivier-ou-la-fabrique-d-un-manipulateur-de-Liz-Nugent-DenoelLiz Nugent est née à Dublin en 1967. Elle a travaillé dans l’industrie du film, de la télévision et du théâtre irlandais pendant la majeure partie de sa vie. Scénariste à succès pour la radio et la télévision, elle a écrit des nouvelles pour adultes et pour enfants. Oliver ou la fabrique d’un manipulateur est son premier roman.
Source : les éditions Denoël

LES COMMENTAIRES DE JURÉES

« Alice et Oliver reflètent une certaine image du bonheur. Jusqu’au jour où le mari frappe sa femme plus violemment qu’à l’accoutumée, au point de la plonger dans le coma. L’auteure donne la parole à Oliver qui dissèque son passé, mais aussi à l’entourage du couple. Et les langues se délient. Avec ce premier roman, Liz Nugent signe une pépite de suspense psychologique. Il y a longtemps qu’un policier ne m’avait pas fait ressentir le besoin chronophage de lire encore et encore ! »
Marion Pluss

« Peut-on en vouloir à Oliver, je le crois victime de cette enfance fracassée car on ne guérit jamais de son enfance. Excellent livre à lire même par ceux qui n’apprécient pas spécialement les polars.» Marie-Jeanne Calvet
« Liz Nugent a l’art de pousser le suspense psychologique à son sommet. Elle crée la surprise et la tension, en partie par le décalage entre le naturel et la banalité du ton adopté par Oliver et le terrifiant et diabolique mécanisme de destruction qu’il a imaginé. Pour un coup d’essai (premier roman !), voilà un coup de maître ! Qui captive d’entrée de jeu. Une mention spéciale pour la narration d’une extrême efficacité pour son style et d’une simplicité percutante qui vise direct et juste. Talent à suivre !! » Mariana Polivka
« L’histoire progresse, j’avance dans l’étude du caractère de Oliver, je finis par comprendre qu’il est froid, insensible, indifférent, égoïste, lâche … « un monstre » dit Véronique, l’un des témoins. C’est surtout un homme meurtri mais je ne suis pas sure que ce soit un « manipulateur ». C’est un ouvrage intéressant, une étude psychologique qui progresse au fil des pages et de l’intrigue » Joëlle Aubert

Plume de Cajou

Plume de Cajou

J’avais lu de tout au sujet de ce roman, des billets très enthousiastes et d’autres carrément impitoyables. Mais pour moi, ça a très bien fonctionné et j’ai trouvé que c’était un suspense psychologique bien ficelé.

Dès le premier chapitre, on fait la connaissance d’Oliver qui nous raconte de façon totalement détachée (quel connard !) comment il vient d’envoyer à coups de poing (et de pieds) sa femme, Alice, à l’hôpital. Ensuite lors de chaque chapitre, une personne de leur entourage prend la parole pour nous raconter un épisode du passé du couple et nous apporter un éclairage différent. Grâce à ce choix narratif du roman polyphonique, Liz Nugent tisse habilement son intrigue, de la campagne irlandaise aux vignobles du Sud de la France, en nous donnant petit à petit toutes les clés en main pour comprendre qui est réellement cet inquiétant Oliver… A tel point que j’ai eu du mal à poser le roman tant ce dévoilement progressif a fonctionné à merveille avec moi.

Autre qualité : l’auteure fait de ses personnages secondaires des personnages à part entière qui ont tous un réel intérêt et un vrai rôle dans l’histoire, que ce soit le frère handicapé Eugène, l’adorable (et trop naïf) Barney, l’actrice ratée Moya ou encore, Véronique, la châtelaine « veuve ».

Si j’avais un bémol, ce serait que j’aurais vraiment aimé qu’un chapitre nous offre la voix d’Alice, et que le roman soit un peu plus étoffé car tous les ingrédients étaient de qualité mais peut-être un peu parcimonieux.

En bref, même si je ne pense pas que cette histoire sera mémorable, ce fut un très bon moment de lecture.

LES BAVARDAGES DE MARION

LES BAVARDAGES DE MARION

Ce livre n’est pas vraiment un polar, pas vraiment un roman non plus. Disons que c’est plutôt la description d’un personnage perturbé, le décryptage psychologique d’un manipulateur.

LES BAVARDAGES DE MARION

Non construit comme un polar habituel, il n’est pas question ici de savoir qui est coupable mais plutôt de comprendre pourquoi et comment le mal s’est emparé d’un homme et ce qui l’a poussé à agir. Oliver vit avec Alice. Un soir, il va commettre l’irréparable. Cet homme, nous allons apprendre à le connaître au fil des pages, à le détester aussi. Comme tout un chacun, sa vie a été jalonnée de rencontres. Beaucoup en parlent, mais peu le connaissent vraiment. Ceux qui l’ont côtoyé le racontent, se donnant la parole à chaque chapitre : l’ancien petit ami de sa femme, sa maitresse, une dame âgée qui l’avait accueilli dans son château … Petit à petit, les pièces du puzzle s’assemblent. En fil conducteur, Oliver acquiesce ou désapprouve, menant la danse et levant le voile sur un lourd passé qui semble l’avoir à jamais brisé. Certains pourront lui pardonner, d’autres le condamneront, mais assurément chacun sera amené à donner son avis.

Il est un peu dommage de ne pas avoir de chapitres offrant le point de vue d’Alice, sa femme et Laura, son ex, afin d’avoir une vision plus complète, dans l’intimité du personnage. L’histoire est fluide et bien menée mais ne laisse malheureusement que très peu de place à la surprise.

Selection elle polar :Un récit noir

le blog d’eirenamg : 1 gourmandise à partager: la lecture

Oliver est un premier roman intéressant, d’une jeune auteur irlandaise, pour moi ce n’est pas un roman policier, plus un roman psychologique. Il relate l’histoire d’Oliver arrêté après avoir agressé sa femme Alice.

Son histoire est racontée par sa voix mais aussi celle de son entourage (son demi frère, le frère de sa 1ere petite amie Michael, le premier amour d’Alice et leur voisin Barney, sa maitresse Moya). Mais aussi par des personnes de son passé, son ami de l’internat, une châtelaine française pour qui il a travaillé Véronique.

Peu à peu, on décode les agissements et les raisons de cette explosion de haine qui s’est abattue sur Alice ce soir là. Il donne à voir l’Irlande des années 60-70 à travers l’enfance du personnage principal. Les personnages secondaires permettent de compléter ce tableau sociologique sur l’Irlande de cette époque entre piété, catholicisme intransigeant et modernité. L’homosexualité, les relations hors mariage, la quête de respectabilité et le rapport à Dieu, le racisme sont questionnés.

Oliver est loin d’être un saint, son envie d’être aimé et de se faire sa place au soleil sont le contrepoint de sombres secrets de famille. L’auteur réussit à créer du suspense pour comprendre comment le brillant écrivain pour enfant a pu disjoncter et agresser sa femme.

J’ai aimé le personnage d’Alice comme celui de Laura beaux portraits de femmes, dévouées, amoureuses prêtes à se sacrifier pour Oliver. Le personnage de Véronique, l’évocation de la 2nde guerre mondiale m’a aussi intéressé. Le personnage de Barnay et du frère d’Alice, tout comme le portrait de Michael qui s’affirme au cours de son existence sont attachants. Des destins ordinaires qui tournent autour du personnage principal. La retranscription de la vie de pensionnat, du poids du regard familial, de la vie étudiante sont bien retranscrites. Cette galerie de personnage chacun avec leurs qualités et leurs défauts (mis à part le personnage de Moya trop caricatural à mon goût) font la richesse du récit. On enquête pour comprendre le pourquoi de cet évènement et les motivations d’Oliver, pour découvrir comme dans les poupées russes ses raisons. J’ai apprécié le style sobre, efficace avec des chapitres courts qui même s’ils alternent les points de vue des personnages font avancer l’intrigue jusqu’aux révélations finales. Même si on se doute de la solution, l’évolution des personnages principaux et secondaires sont intéressantes à suivre.

Donc plongez dans l’Irlande des années 60 et découvrez les secrets d’Oliver, un homme complexe marqué par son passé.

Clara et les mots

Clara et les mots

Il la tape puis sort faire un tour et boire dans un bar. Il revient, elle dit qu’elle sait tout de lui. Il la frappe à nouveau très fort et elle sombre dans le coma.
Oliver Ryan est un auteur à succès de livres pour enfants. Sa femme Alice les illustre et tous deux forment un couple sans histoire et sans problème. Mais les apparences peuvent être trompeuses quand un des deux a menti depuis très longtemps. C’est ce qu’Oliver a fait depuis toujours et envers tout le monde. Il s’est fabriqué une image mais Alice sa femme va découvrir qui il est et bien pire encore.

Plusieurs personnages prennent la parole ainsi qu’Oliver lui-même, et on remonte le temps jusqu’à l’enfance d’Oliver. Et chacun raconte. Comment il a rencontré Oliver, sa personnalité mais personne ne comprend pourquoi il a été aussi violent envers Alice. Si  les différents témoignages ne nous permettent pas de savoir qui est véritablement Oliver, on se rend compte qu’il n’était jamais franc. Mais en tant que lecteur on est loin, très loin de s’imaginer la sordide réalité.

Ce polar très psychologique se déroule en Irlande mais il nous fait voyager également en France. Implacable, hyper bien mené, on tourne les pages avec frénésie car Liz Nugent sait nous ferrer dès le départ. Et quand une une partie de la lumière apparaît ou se dessine, elle est odieuse. Oliver est un manipulateur, un caméléon, un être égoïste, perfide et sans scrupule. Le fin mot de l’histoire lui m’a laissé abasourdie. Un polar hautement addictif ! 

Joan’s Kingdom

Je voudrais remercier les Editions Denoël pour ce nouveau partenariat.

Quand j’ai vu la couverture et lu la 4ème de couverture, j’étais vraiment intriguée par ce que proposait ce livre.
Alors quand les Editions Denoël me l’ont proposé, je n’ai pas pu refuser.

Dès le début du livre, nous sommes transportés dans le vif du sujet.

On découvre Oliver dans un bar qui commence à nous expliquer qu’il a battu sa femme.
Au fur et à mesure de ses explications, on va vite comprendre que cette dernière se trouve dans le coma suite aux coups qu’elle a reçu.

J’ai bien apprécié ma lecture.
Ce qui est intéressant c’est que tout au long du livre, l’histoire nous est contée par des protagonistes différents afin de nous donner leurs points de vue sur Oliver ainsi que sur sa vie.

Lors de notre découverte, Oliver nous paraît comme un homme qui aime les femmes et surtout comme une personne des plus convenables.
Et puis de fil en aiguille, on se rend vite compte que cet homme est égoïste, profiteur et surtout voleur.

On comprend que sa vie n’a pas été facile même traumatisante dès son enfance, sa relation avec les femmes et qu’un évènement des plus marquants l’a changé (malheureusement en mal).

Le personnage d’Oliver est très intrigant. Au tout début, on s’attache facilement à lui et puis notre avis change du tout au tout à cause de certaines relations qui nous sont faites.

Ce qui est intéressant, c’est que nous avons le point de vue de plusieurs personnes qui ont côtoyé Oliver lors de son enfance et jusqu’à ce qu’il rencontre Alice, sa femme.

On arrive à s’attacher à ces personnes qui nous racontent également un petit bout de leur vie qui est en parallèle à celle d’Oliver.

Ce que je regrette c’est que nous n’avons pas le point de vue d’Alice sur cet homme.

J’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce livre car l’histoire nous est contée comme une enquête de police et qu’on a très envie de découvrir cet homme qui nous cache beaucoup de choses.

Alors si vous aimez les livres psychologiques menés comme une enquête policière, vous ne pouvez pas passer à côté de ce dernier.

Edith Soonckindt

Edith Soonckindt

Un voile se lève petit à petit dans ce livre.

Le but du jeu est simple : Alice Ryan tombe dans le coma suite aux coups portés par Oliver. Pourtant, les deux ont l’air d’un couple parfait. Les proches s’interrogent et l’on apprend à connaître Oliver selon différents points de vue. On voit se dessiner des profils, des mystères et surtout on voit des divergences, des choses qui ne collent pas. Petit à petit, on devine puis on connaît Oliver, peut être mieux qu’il ne se connaît lui- même d’ailleurs.

Et plus on apprend à le connaître plus on comprend pourquoi il a frappé Alice, et plus on se demande pourquoi on n’a pas fait quoique ce soit avant. Entre tromperies de la part d’Oliver ainsi que les gens qui ont fermé les yeux tout au long de sa vie, est arrivé l’inévitable. Et le pire, c’est que cela n’a pas l’air de bouleverser autant les gens que cela.

Un véritable livre psychologique.

Et vous allez me dire que dans la vraie vie c’est comme ça. Et c’est vrai et c’est surtout ce qui fait la beauté de cette histoire. C’est qu’au fur et à mesure de notre enquête, on ne s’arrête plus. La machine s’enraye et on sait que rien mais rien n’empêchera la fin d’arriver. C’était inéluctable. Et on se perd littéralement dans ces témoignages de proches et on revient en arrière pour se préciser un point de détail.

Et en gros, pour un livre où il n’y a pas d’action réelle. Et bien c’est vraiment un excellent projet, surtout que c’est un premier roman. Il n’y a pas de fausse note du tout là dedans. Cela coule de source, c’est plaisant mais dérangeant, et surtout, indice suprême, on me l’a déjà piqué au boulot (deux fois).

En bref : grand merci comme toujours aux Editions Denoël de me fournir de la drogue de qualité. Cette sélection fait rêver, franchement. Et vous, si vous avez envie de tester la psychologie dans les méchants de l’histoire, tâtez de cette histoire là. Vous m’en direz des nouvelles.

Laetitia Morduede Livres

Laetitia Morduede Livres

Tout d’abord, je remercie la maison d’éditions pour l’envoie de ce roman. J’ai apprécié découvrir ce roman et la plume de l’auteur.

Oliver ou la fabrique d’un manipulateur est un roman que j’ai bien aimé mais dans lequel j’ai rencontré quelques soucis notamment des longueurs qui sont assez présentes. Ces longueurs se retrouvent dans les chapitres où ce sont les personnes de l’entourage du couple Alice/Oliver qui parlent. En effet, en plus d’expliquer comment le couple se comporte l’un envers l’autre, ils tergiversent sur leur vie à eux et je me suis demander quel rapport il y avait avec l’histoire qui nous intéresse.
J’ai eu aussi du mal avec le côté froid et insensible d’Oliver, notamment par rapport au personnage de Laura. J’ai été attristée de voir comment il réagit. Mais cet aspect de se personnalité est un point fort dans la manipulation.

Par contre, la manipulation est ce que j’ai aimé dans ce roman car lors de notre lecture on se rend compte vraiment du niveau qu’à Oliver à manipuler les gens. C’est incroyable.
Ce que j’ai aussi apprécié c’est le fait que l’on soit dans une enquête psychologique où il n’y a pas de policiers. Du moins pas de policier indiqué, car en fait ce rôle est tenu par nous lecteurs. Nous sommes les enquêteurs et nous recueillons les indices sur la culpabilité ou non d’Oliver. Que ce fut agréable car on se sent acteur dans notre lecture.
Enfin, je fus surprise de la fin que j’ai trouvé plutôt sympathique avec un léger côté altruiste.

Au final, Liz Nugent nous emmène dans une histoire tout à fait plausible dans laquelle les personnages les plus “faibles” se font embobiner rapidement. La plume de l’auteure est très agréable et fluide, la lecture est donc comme un ruisseau qui s’écoule tranquillement, et ce malgré les quelques longueurs.
C’est un roman qui, il me semble, peut plaire au plus grand nombre.

Bazar de la Littérature

Bazar de la Littérature

Liz Nugent, voilà une auteure contemporaine irlandaise que je ne connaissais pas encore. Et en plus elle nous propose un roman de suspens psychologique, voilà qui a tout pour m’intriguer.
Dans la même veine, j’ai lu il y a quelques mois Le Maître des insectes de Stuart Prebble, également publié chez Denoël. J’avais aimé le propos et le cheminement jusqu’à la chute. Ici à nouveau, et c’est peut-être encore plus net, j’ai beaucoup aimé la construction destructurée de l’histoire qui plonge le lecteur au coeur du passé d’Oliver, un personnage complexe et passionnant.

Le premier chapitre laisse la parole à Oliver qui, muni d’un sang-froid glaçant, nous explique qu’il a frappé sa femme Alice, jusqu’à l’envoyer dans le coma. A priori sans remords, l’homme annonce les faits, reportant la faute sur son épouse. La situation et le décor sont posés. Il ne reste plus qu’à découvrir l’homme qui se cache derrière ce masque impassible et à comprendre comment il a pu en arriver à une telle violence.
Tous les chapitres suivants, rédigés à chaque fois d’un point de vue différent, va nous apporter de nouveaux éléments et nous éclairer sur la personnalité mystérieuse d’Oliver. Chaque personnage intervient sur une petite dizaine de pages et nous raconte un souvenir qu’il a de cet homme impénétrable. Enfance, adolescence, années universitaires, monde du travail, les pièces du puzzle arrivent au compte-goutte et dans un ordre qui semble complètement aléatoire. Vous n’aurez pas un récit linéaire, de la naissance à l’horrible jour -j ; non. Et c’est tant mieux ! C’est au lecteur de rassembler les éléments biographiques du héros pour reconstituer son passé et y trouver (ou pas ?) une explication à son geste.

Au fil des pages, la personnalité d’Oliver devient de plus en plus claire. Sans parler d’horreur, ce qu’on apprend fait froid dans le dos. Séduisant et mystérieux de prime abord, le héros se révèle finalement particulièrement effrayant. Et pourtant, les épisodes liés à son enfance tendent à nous le rendre plus sympathique, à compatir à son histoire… et même si on ne peut décemment pas apprécier cet homme, on apprend tout de même à le comprendre. On ne lui pardonne pas son geste (ni tout le reste), c’est impossible, mais on le regarde différemment. Parce qu’on sait.

Les personnages secondaires, bien que finalement moins développés, n’en restent pas moins de belles figures assez complexes… et nombreuses. Pas d’inquiétude, vous ne vous y perdrez pas, tout est très clair.
Alice est peut-être celle que l’on connaît le moins après avoir tourné la dernière page. Et c’est presque dommage de ne pas avoir eu plus d’éléments sur cette femme qui n’a probablement pas dû connaître beaucoup de bonheur. Sa vie n’aura été qu’illusions et mensonges… c’est assez triste.

Outre l’aspect psychologique très bien développé dans ce roman, j’ai aimé trouver dans celui-ci, un petit témoignage presque sociologique de la vie irlandaise, notamment dans la deuxième moitié du XXe siècle. L’importance de l’Eglise dans le quotidien de chacun, la place de la famille, le travail, l’homosexualité, les enfants hors mariage… ce n’est pas une étude ni même un témoignage poussé mais c’est un contexte en fond qui m’a intéressée et plu. Mais les lecteurs habitués de ce blog n’en seront pas surpris.

Le texte se révèle à la fois glauque et dramatique. Si l’on quitte quelques-uns des personnages heureux – ou au moins apaisés – ils ont globalement tous connu de nombreuses épreuves au cours du texte. Rejet familial, amours déçues, décès brutaux, maladie… on ne peut pas dire qu’Oliver ou la fabrique d’un manipulateur soit un roman qui donne le moral.
Et malgré tout, on tourne les pages avec « facilité », curieux d’avoir le fin mot de l’histoire. Et malgré l’horreur de la situation, on se rend compte que ce que nous raconte Liz Nugent n’a pas grand chose de fictionnel. Elle nous offre les portraits d’hommes et femmes terriblement blessés par la vie ; et surtout le portrait de l’un d’entre eux, pour lequel les choses ont un jour échappé à son contrôle…

Un court roman construit avec une narration éclatée, ce qui lui donne toute son intensité. Un anti-héros complexe et passionnant, qu’on ne peut aimer mais qu’on apprend à connaître et presqu’à comprendre… Je ne sais pas si Liz Nugent a publié d’autres titres, en tout cas je surveillerai les futures traductions françaises.

Les instants volés à la vie

Les instants volés à la vie

Liz Nugent est née à Dublin, c’est donc tout naturellement qu’Oliver est irlandais. Avec ce premier livre à son actif, cette auteure place la barre très très haut. Cet ouvrage est un chef d’oeuvre. Je m’attendais à débuter le roman lentement jusqu’à ce que la scène de violence décrite sur la quatrième de couverture soit introduite, mais j’ai été agréablement surpris qu’elle n’arrive pas. Le roman est écrit d’une façon très originale, 7 narrateurs se succèdent pour relater un ou plusieurs épisodes de leur vie qui a un rapport avec Oliver. Ils ont tous appris que l’homme qu’ils croyaient connaître a frappé si violemment sa femme Alice qu’elle en est tombée dans le coma.

Le livre s’ouvre avec un chapitre narré par Oliver lui même, il nous décrit la soirée où il a frappé Alice pour la première fois. Il part décompresser quelques heures dans un bar du coin et en profite pour nous en dire brièvement plus sur lui. A son retour, Alice semble avoir découvert un lourd secret sur lui, il la frappe une seconde fois, puis encore et encore… Cette introduction nous plonge directement dans l’angoisse, pourquoi Oliver a t-il frappé Alice ? Qu’a t-elle découvert pour le pousser à une telle violence ? Qui est vraiment Oliver ? Toute ces questions trouveront réponse petit à petit au fil d’une lecture captivante.

Les premiers chapitres sont narrés par Barney, l’ex petit ami d’Alice et Michael, le frère de l’ex petite amie d’Oliver. Ils nous décrivent leurs vies, le moment où ils ont rencontré soit Alice soit Oliver et l’image qu’ils en avaient à ce moment là. Leur jeunesse peut paraître futile mais plus le roman avance et plus on se rend compte qu’elle a une place importante dans l’histoire. Le moindre détail est la pour expliquer qui est vraiment Oliver, mais lorsqu’on lit ces détails, on ne sait pas à quel point ils seront primordiaux. L’auteure arrive à nous surprendre, chaque événement a un sens, mais arrivé à le faire paraître anodin alors qu’il est essentiel est un véritable coup de maître de la part de Liz Nugent.

OLIVER ou la fabrique d’un manipulateur est un roman incroyable. Chaque personnage narrateur a sa propre façon de s’exprimer, a sa vie avant et après. Tout cela rend le récit extrêmement réaliste et crédible. Les chapitres ne se suivent pas chronologiquement, ils vont des années 1960 jusqu’en 2012 mais ils sont construits de façon à ce que les descriptions des narrateurs nous immergent dans une angoisse de plus en plus pesante. A mesure que l’histoire progresse, on se rend compte à quel point Oliver est énigmatique, trop énigmatique. Quelque chose cloche, toute sa vie est un mensonge.

Ce premier livre de Liz Nugent est un excellent roman à suspense dans une atmosphère sombre et un final à couper le souffle. Oliver est un personnage fascinant.