Plume de Cajou

Plume de Cajou

J’avais lu de tout au sujet de ce roman, des billets très enthousiastes et d’autres carrément impitoyables. Mais pour moi, ça a très bien fonctionné et j’ai trouvé que c’était un suspense psychologique bien ficelé.

Dès le premier chapitre, on fait la connaissance d’Oliver qui nous raconte de façon totalement détachée (quel connard !) comment il vient d’envoyer à coups de poing (et de pieds) sa femme, Alice, à l’hôpital. Ensuite lors de chaque chapitre, une personne de leur entourage prend la parole pour nous raconter un épisode du passé du couple et nous apporter un éclairage différent. Grâce à ce choix narratif du roman polyphonique, Liz Nugent tisse habilement son intrigue, de la campagne irlandaise aux vignobles du Sud de la France, en nous donnant petit à petit toutes les clés en main pour comprendre qui est réellement cet inquiétant Oliver… A tel point que j’ai eu du mal à poser le roman tant ce dévoilement progressif a fonctionné à merveille avec moi.

Autre qualité : l’auteure fait de ses personnages secondaires des personnages à part entière qui ont tous un réel intérêt et un vrai rôle dans l’histoire, que ce soit le frère handicapé Eugène, l’adorable (et trop naïf) Barney, l’actrice ratée Moya ou encore, Véronique, la châtelaine « veuve ».

Si j’avais un bémol, ce serait que j’aurais vraiment aimé qu’un chapitre nous offre la voix d’Alice, et que le roman soit un peu plus étoffé car tous les ingrédients étaient de qualité mais peut-être un peu parcimonieux.

En bref, même si je ne pense pas que cette histoire sera mémorable, ce fut un très bon moment de lecture.